Mercredi 17 octobre 2007
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article du 17 oct 2007 / Thomas Brosset : ÉNERGIE. --Pour la première fois en Charente-Maritime, un dossier de parc éolien offshore a été déposé en Charente-Maritime. À la mairie des Portes-en-Ré
Des éoliennes en mer ?
L'affaire est délicate.
Dans ce département, dès qu'on parle d'éoliennes, une bronca s'élève du c?ur des terres comme si l'on annonçait le retour de la malaria dans les marais. Mais cette fois, c'est différent. Plus
question de terres et de nuisances de voisinage. C'est en mer qu'un parc éolien est envisagé. Très exactement dans le Pertuis Breton, à 5 ou 6 km au large des Portes-en-Ré.
Le dossier, porté par la très sérieuse entreprise allemande Enertrag, qui a déjà un projet similaire très avancé
sur les côtes normandes, a été déposé sur le bureau du maire des Portes, Jacques Labonde. Lequel ne voit pas les choses d'un mauvais ?il. Il s'agirait de vingt-quatre machines de 110 mètres de haut
et de 2 mégawatts chacune.
On n'en est encore qu'au stade des intentions. Aucune demande
d'autorisation n'est encore parvenue ni à la préfecture maritime (le plateau continental étant du domaine public maritime), ni à la préfecture tout court, puisque les câbles de raccordement
devraient passer obligatoirement par l'île de Ré.
Période électorale. Une simple intention, mais qui commence à se savoir puisque le dossier a été évoqué de façon tout à fait informelle en commission des sites : « Ce n'est pas de ma
compétence, mais je suis au courant. Je suis naturellement très réservé. Dans cette période électorale qui s'annonce, cette histoire ne me dit rien qui vaille », commentait hier Léon Gendre,
président de la Communauté de communes de l'île de Ré.
Jacques Laborde n'a pas les mêmes états
d'âme. Il ne se représente pas dans sa commune. Également membre de la commission des sites, Alain Levasseur n'est pas plus enthousiaste que le maire de la Flotte : « J'ai fait le calcul. Pour ne
pas être vues des côtes, il faudrait que les éoliennes en soient à près de 100 kilomètres », explique le maire de Thairé-d'Aunis, par ailleurs très attentif au dossier de parc éolien de la baie
d'Yves.
Par rapport à la Méditerranée ou la Manche, les fonds du littoral atlantique sont
rapidement profonds. Ce qui ne facilite pas l'implantation de machines sur le plateau continental, sauf surcoût important.
Très avancé au Danemark, en Allemagne et dans les Îles britanniques, l'éolien offshore n'a pas encore pignon sur mer en France. Jusqu'à quand
?
ET SUR TERRE ? : Le calme à Bernay-Saint-Martin. Dernier parc à avoir été
mis en service en Charente-Maritime, celui de Bernay-Saint-Martin exploité par la Française d'éoliennes fonctionne depuis plusieurs mois, apparemment dans le calme, si l'on en croit le maire de la
commune, Jean-Michel Fouet : « Les seules doléances que nous avons eues concernent la réception des chaînes de télévision. Nous avons transmis à la Française qui prend en charge l'adaptation. Il
s'agit principalement d'équiper les récepteurs de la TNT et de régler les antennes. Le lieu-dit principalement concerné est Charentenay. Pour le reste, les machines tournent et, à ma connaissance,
personne ne s'en plaint. »
article du 18 oct 2007 / Thomas Brosset : ÉOLIENNES OFFSHORE.
--Jacques Labonde, maire des Portes, et Guillaume Fagot (société Enertrag), expliquent la genèse
du projet de parc éolien au large de Ré
« On veut le consensus »
Vingt aérogénérateurs de 5 mégawatts chacun (1) pour une production en électricité représentant la consommation d'une ville ou agglomération de 130 000 habitants. Le parc éolien offshore de
l'île de Ré (lire notre édition d'hier), s'il voit le jour, sera dimensionné pour exister réellement dans le paysage des énergies douces françaises. À une machine près, il est l'équivalent de la
centrale retenue pour la côte d'Albâtre, la seule autorisée en mer par le gouvernement français sur son appel d'offres de 2004. Un autre appel d'offres suivra, a annoncé le ministre. Le projet
accepté de Seine-Maritime qui doit voir le jour en 2008 est porté par la société Enertrag, la même qui s'intéresse fortement au plateau continental au large de l'île de Ré.
Respecter les pêcheurs. « Les zones propices à l'éolien offshore sont rares. Quand on les
passe aux filtres de la hauteur des fonds, des zones de pêche, des contraintes environnementales, il ne reste pas grand-chose. Il se trouve qu'il y a là, au nord-ouest des Portes-en-Ré, une zone
favorable, ou du moins qui mérite d'être étudiée », explique Guillaume Fagot, porteur du projet victorieux de la Côte d'Albâtre pour Enertrag.
« C'est pourquoi nous avons avancé cette idée de parc éolien. Mais nous n'en sommes qu'au démarrage. Nous avançons lentement, sûrement. Nous
ne nous lancerons dans une véritable démarche administrative de demande d'implantation que si nous sentons que c'est faisable. On veut un consensus. L'accueil que nous avons reçu à la mairie des
Portes et à la Communauté de communes de l'île de Ré nous encourage plutôt », poursuit-il.
« En mer, les aérogénérateurs ne
gênent personne »
De l'expérience normande, il retient qu'il faut d'abord respecter les pêcheurs pour éviter tout
conflit d'usage : « Ils ont une légitimité historique de l'espace sur lequel eux seuls travaillent. Les plaisanciers sont en général
plutôt favorables aux éoliennes. Le parc leur est accessible et peut être un but de balade ».
La prudence est de mise, donc, dans le discours du promoteur. Il sait qu'il en est des parcs éoliens comme des concours de l'administration : il y a beaucoup de candidats et peu d'élus. Il y a
quelques jours, le dossier du Tréport, présenté par la Compagnie du Vent, a été recalé parce que proposé sur un terrain miné pendant la Seconde guerre.
L'épaisseur d'un doigt. Mais le terrain peut être aussi miné politiquement. Guillaume Fagot et Enertrag ont
trouvé un allié en la matière : Jacques Laborde, le maire des Portes : « Je n'ai aucun intérêt dans l'histoire mais je suis sensible à la notion de développement durable. J'ai déjà pris des
positions publiques en faveur de l'éolien. Il était donc logique qu'on vienne me voir, moi. En mer, les aérogénérateurs ne gênent personne. Même sur le plan paysager. À 15 kilomètres de la côte,
une éolienne de 150 mètres de haut (avec les pales) ne représente guère plus que l'épaisseur d'un doigt dans le champ de vision (2). Et puis, quand on sait qu'au large le vent souffle à 7,50
mètres/seconde, on comprend ce que ça représente en termes d'énergie », commente Jacques Laborde.
Un exemple : quand il verra le jour, le seul parc de la Côte d'Albâtre représentera un quart de la production française de toutes les éoliennes de France. Que peut-il se passer maintenant ?
L'Ademe (3) qui, jusqu'à l'information publiée dans notre journal d'hier, n'était pas au courant, va étudier le dossier et donner son avis. Si le climat est favorable sur le plan administratif,
politique, humain et si techniquement le projet tient la mer, Enertrag s'engagera dans la course à obstacles de demande d'autorisation. La première étape passant par la préfecture maritime.
(1) Non pas 24 machines de 2 MW comme indiqué par erreur dans notre édition d'hier. (2) Dans notre
édition nous faisions dire à Alain Levavasseur l'arrêt d'un impact visuel à 100 km, il fallait lire 30 km. (3) Agence pour la maîtrise de l'énergie.
Par Collectif Atout-Vent 17
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