Hello !
Ce matin, en faisant signer un ami engagé "écolo-pro-éolien" à Bignay, le hasard a voulu que je récupère un texte récent sur l'historique des
anti-éoliens, signé d'un pseudo "Zéphirin Phébus", rudement bien documenté ... c'est tout dire les précautions prises par l'ami - instruit qui se cache derrière cette mise au
point.
Ce long texte, très critique, intéressera certainement, toutes celles et ceux qui, comme moi, n'ont pas suivi cette histoire depuis le début, ni tout
compris d'une telle hargne anti-éolienne.
Probablement, ces malfaisants à la cause "renouvelable" ont-ils fini par aller trop loin (compris avec l'administration), puisqu'ils "déchaînent"
maintenant les réactions pro-éoliennes ... (si j'en juge la rapidité avec laquelle se remplit la liste des signataires du Manifeste ATOUT VENT ... et les commentaires systématiquement
favorables, voire excédés contre les antis, que je reçois personnellement en le faisant signer.
Je suis présentement privé de scanner et ce texte fait 4 pleines pages ... je ne sais pas trop comment m'y prendre.Si je veux qu'il passe sur nos
Forums, je suis contraint de le retaper (les pièces jointes sont rejetées) ... mais est-ce qu'il sera alors téléchargeable sur le blog "Atout-Vent" ? ... Didier vient de me dire que OUI.
Bon, je m'y met maintenant, sans en avoir trop le temps ...
Olé !
Gabriel
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Quelques réflexions (critiques) sur VC et la FED,
deux associations anti - éoliennes.
"Vents de Colère" et la "Fédération Environnement Durable" luttent en France avec acharnement contre le développement de l'énergie
éolienne.
Quelle est l'histoire de ce mouvement d'opposition ?... Quels sont leurs arguments et leur méthodes ?... Et à qui cela profite-il ?
Le mouvement anti-éolien est né en Grande-Bretagne avec "les gardiens de la campagne" (Country Guardian), avec les financements des lobbies du charbon
et du nucléaire. Il a essaimé de l'autre côté de la Manche, en Seine Maritime (comme par hasard département nucléophile), avec l'association "Bien vivre en Caux", aujourd'hui disparue (les temps
changent et l'éolien n'y fait plus peur).
VC et la FED sont avant tout des associations nimbystes (Not In Back Yard) : "pas d'éoliennes derrière chez moi", voire très souvent "pas derrière ma
résidence secondaire". Le mouvement anti-éolien rassemble ainsi les protecteurs des vieilles maisons de France; il suffit de découvrir les noms des présidents des associations rassemblées
dans le G8 pour comprendre que ces "chez moi" ne concernent pas vraiment la résidence principale de Monsieur Tout le Monde.
VC et la FED ont ensuite habillé leurs motivations nimbystes de tout un discours sur les supposés méfaits de l'énergie éolienne, son inefficacité et
sur les méchants promoteurs des éoliennes. Extraits et réponses ci-après.
L'argumentaire a commencé par des affirmations malveillantes, mais surtout absurdes : les éoliennes déclencheraient le cancer du sein, feraient fuir
les chevaux, cailleraient le lait des vaches et autres élucubrations. La méthode appliquée, très analogue à celles de certains populistes, repose sur le principe du "plus c'est gros, plus ça
marche!". Mais ces arguments n'ont pas résisté très longtemps au bon sens des riverains potentiels. Surtout là où des éoliennes ont été installées, et où les curieux de toute nature les ont
visitées. Les enquêtes réalisées par l'ADEME montrent d'ailleurs que lorsque l'on habite pas très loin des éoliennes (et qu'on les connait donc mieux), on en a eu une meilleure
appréciation.
Sont alors apparus les arguments pseudo-techniques : les éoliennes auraient un mauvais rendement ou les éoliennes consommeraient plus d'énergie pour
leur fabrication qu'elles ne produiraient pendant toute la durée de leur fonctionnement. Mais les éoliennes ne gaspillent pas de combustible, au contraire des centrales thermiques dont le
rendement (principe de Carnot oblige) culmine à 35 % (!), et les éoliennes "remboursent" l'énergie nécessaire à leur fabrication en moins d'un an, soit beaucoup mieux que les centrales
thermiques. Ces pseudo-arguments ont finalement été eux aussi abandonnés.
Dans le même registre, ces associations inversent les relations de cause à effet pour attaquer l'énergie éolienne. Par exemple, elles disent que c'est
parce qu'il y a beaucoup d'éoliennes en Allemagne que ce pays émet beaucoup de gaz à effet de serre ... alors qu'en réalité, c'est justement parce qu'il y a trop de gaz à effets de serre
dans ce pays qu'il a décidé de développer l'éolien. C'est ainsi que certains vont jusqu'à croire que les éoliennes produisent du vent comme des ventilateurs, alors que c'est le vent qui
actionnent les pales des éoliennes ...
VC et FED se cachent également derrière les économies d'énergie ou le développement des autres énergies renouvelables pour refuser l'éolien
"industriel", dans le style "au lieu de financer de l'éolien inutile et moche, on ferait mieux de soutenir le solaire et les économies d'énergies". Mais ce ne sont que des mots et les actes se
font attendre. On n'a jamais vu ces associations organiser des achats groupés de chauffe-eau solaires. Jamais on ne les a entendu promouvoir les ampoules basse-consommation ou les appareils
électroménagers de classe A. Dans ce registre, le nom même de la "Fédération du Développement Durable" est édifiant et une véritable imposture. L'utilisation de ces termes est malhonnête et vise
évidemment à entretenir la confusion entre des objectifs de développement durable qu'on pourrait supposer et les véritables visées de la FED, qui sont l'opposition systématique au grand
éolien.
VC et la FED opposent les énergies renouvelables entre elles, alors qu'elles sont complémentaires dans l'espace et dans le temps, alors que certaines
sont stockables et d'autres pas. Ils défendent le principe du petit éolien contre le grand éolien. Mais le petit éolien ne remplacera jamais le grand éolien, tous les professionneles le
reconnaissent. Une éolienne industrielle d'aujourd'hui (50 à 80 mètres de diamètre) couvre en moyenne les besoins électriques domestiques de 1000 à 2000 personnes; pour la remplacer, il faudrait
installer 200 à 400 petites éoliennes, dans des zones souvent habitées avec leurs possibles nuisances sonores et leur présence visuelle certaine. Le soutien de VC et de la FED n'est d'ailleurs
que formel : leurs sites web ne renvoient pas sur des vendeurs de petit éolien ...
En France, près de 300 parcs éoliens produisent de l'électricité (2 000 MW mi-2007, soit l'électricité domestique d'environ 2 millions de personnes).
Certains parcs sont, certes, moins exemplaires que d'autres. Et VC et la FED, à partir d'un exemple de parc mal conçu, d'un dysfonctionnement, ou de photos de parcs américains des années 80,
généralisent ces problèmes à toute la filière en affirmant que l'éolien ne se fait pas dans la concertation, que les éoliennes cassent les oreilles des riverains, que les éoliennes portent
atteinte au patrimoine ... Pour VC et la FED, les exceptions sont la règle et la grande majorité des parcs, qui sont de qualité, est ignorée ... c'est de la grossière manimulation !
VC et la FED jouent sur la peur de l'inconnu, de la nouveauté. Le plus souvent, les associations anti-éoliennes éclosent là où les éoliennes sont
absentes. Les associations annoncent la fin de la vie quotidienne telle qu'on la connaissait avant les éoliennes, et trouvent quelques échos. Mais là ou des éoliennes tournent, ces associations
anti-éoliennes ne rassemblent que quelques individus. C'est là encore un des procédés utilisés par les extrémistes: jouer avec la peur de ce que l'on ne connaît pas.
La nouvelle stratégie de VC et la FED est de nier toute utilité de l'éolien.
L'éolien mettrait en péril la balance des paiements de la France : VC et la FED utilisent la peur de l'autre. La Mondialisation a probablement bien des
défauts, mais il faut voir ses qualités lorsqu'elle propose des solutions à la pointe du progrès pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre. D'après VC et la FED, la France peut
vendre des centrales nucléaires et des avions en Chine, mais surtout pas acheter d'éoliennes chez nos partenaires allemands, danois ou espagnols.
La malhonnêté va plus loin encore : l'éolien serait intégralement responsable du surcoût pour le consommateur de la CSPE (une nouvelle ligne sur nos
factures d'électricité); alors qu'il n'en représente qu'environ 5 %, le reste étant dû au surcoût de la production d'électricité en outre-mer, au dispositif en faveur des personnes en situations
de précarité, etc ...
Surtout, d'après VEC et la FED, l'éolien ne participerait pas à la réduction des gaz à effets de serre, mais les aggraverait. L'accusation est grave
... et mensongère ! Tout nouveau kWh éolien produit aujourd'hui, remplace évidemment un kWh qui, sinon, aurait dû être produit par une centrale thermique (hydrocarbures, charbon, nucléaire
...). C'est RTE, gestionnaire du Réseau de Transport d'Electricité, qui le dit.
Au contraire, la France ayant pris l'habitude de produire des kWh peu émetteurs de gaz à effets de serre, les solutions qui s'offrent à nous pour
continuer sont limitées et passent inéluctablement par l'éolien.
Ces détracteurs reprochent à l'éolien d'être une énergie à production intermittente. Mais, paradoxalement, ils se déclarent promoteurs d'autres
énergies renouvelables comme le solaire ... qui n'est pas moins intermittent ! Ceci dit, cette intermittence de l'éolien est prévisible, tout comme la variation de nos consommations ; ajuster la
demande à l'offre est le travail quotidien de RTE, rien de vraiment neuf ! Qui plus est, il n'y a jamais de panne de vent sur un grand pays comme la France, soumis à trois régimes climatiques
différents.
Leur discours contient le postulat sous-jacent que l'éolien va remplacer toutes les autres énergies; c'est faux, mais cela leur permet de faire peur
une fois encore ! Et c'est révélateur d'une culture franco-française de la mono-énergie. Alors que les temps sont à la diversification.
Dans un passé récent, VC et la FED ont défendu l'éolien en mer contre le terrestre. Aujourd'hui que les projets offshore se dessinent plus précisément,
VC et la FED se retournent contre l'éolien en mer et présentent leurs arguments anti-éoliens aux utilisateurs de la mer pour empêcher le développement de ces projets. Il faut dire que les parcs
offshore sont d'une puissance supérieure à celle des parcs terrestres, et leur production à prévoir, également. La production éolienne devient alors très significative, contredisant les propos
des antis-éoliens sur la marginalité de cette énergie. C'est donc bien une lutte systématiquement contre l'éolien, sur terre ou en mer, quelle que soit la qualité des projets, qui conduit ces
associations.
Enfin, VC et la FED cherchent à montrer que l'éolien sèmerait la zizanie dans nos villages gaulois, une raison de plus pour le refuser. Mais qui sème
la zizanie avec des arguments mensongers et caricaturaux ? Pourquoi VC et la FED viennentt-ils chahuter les réunions de concertation pour empêcher de fait le dialogue ?
Alors à qui profite les gesticulations de VC et dela FED ?
Pas à la collectivité en tout cas, ni à la planète ...
A l'industrie nucléaire ? La thèse du complot ne résiste pas à l'observation quotoidienne : les industriels du nucléaire (comme AREVA) sont bien trop
occupés et intéressés à investir dans des fabricants d'éoliennes, un marché mondial nettement plus fort.
Il s'agit plutôt de quelques individus, chauffés par leur passage sur les ondes et sur les écrans. Certains médias adorent surfer sur les conflits et
privilégient des débats superficiels sur l'éolien à des débats de fond sur la crise énergétique et environnementale actuelle. Ils savent que Vent de Colère et la Fédération Environnement Durable
et leurs représentants tireront à boulets rouges sur tout ce qui bouge, même si c'est à coup d'inexactitudes et de contre-vérités.
Zéphirin Phébus, 21 septembre 2007
PS. Le 21 septembre 1792, la République naissait à Valmy sous la protection d'un moulin à vent que les manuels scolaires ont popularisé.
Aujourd'hui, 215 ans après, la République, dans sa lutte contre le changement climatique, peut et doit de la même façon s'appuyer sur nos moulins à vent modernes.